Pour une transition apaisée et inclusive : les propositions de l'Observatoire et du NED
Programme d’Engagement sur la
Gouvernance et le Processus Électoral au Mali : Observatoire/ Fondation nationale pour la
démocratie (National Endowment for Democracy – NED)
CONFERENCE
DE PRESSE DU SAMEDI 7 MAI 2022
Pour une transition apaisée et inclusive
L’Observatoire pour les élections et la bonne
gouvernance au Mali - OBSERVATOIRE, est une plateforme de 36 Organisations Non
Gouvernementales (ONG) et Associations de la société civile ayant développé une
expertise dans le domaine électoral et sur les questions liées à la gouvernance
démocratique depuis 1996 au Mali.
Le « Programme d’engagement sur la gouvernance et le
processus électoral au mali », est une initiative de
l’Observatoire pour les Élections et la Bonne Gouvernance au Mali (OBSERVATOIRE)
qui a bénéficié de l’accompagnement financier de la Fondation nationale pour la
démocratie (National Endowment for Democracy – NED), sur une période de douze
(12) mois, allant de juillet 2021 à juin 2022.
Son principal objectif est
d’accompagner le processus de transition par la mise en œuvre d’activités de
plaidoyer envers les autorités, d’information et de sensibilisation des
populations en y impliquant étroitement les médias publics et privés. Il a pour
mission essentielle d’informer, éduquer et communiquer sur l’encadrement légal
des élections et l’exercice du droit de vote.
Au cours de la mise en œuvre
de ce projet, l’Observatoire a réalisé un plaidoyer sur les réformes politiques
et institutionnelles et mené des activités de sensibilisation et d’éducation
civique pour accompagner la transition en cours depuis le 25 septembre 2020 au
Mali.
I - Des activités
réalisées :
Dans le cadre du projet,
l’Observatoire a mis en place une équipe projet de six (6) personnes et a
activé les coordinations régionales et locales sur toute l’étendue du
territoire national.
Ainsi, l’Observatoire a réalisé :
1.
Un (1) atelier
d’appropriation et de planification qui a regroupé les membres de l’équipe projet, les coordinateurs du
district de Bamako et des régions de Kayes, Koulikoro, Sikasso, Ségou, Mopti, Tombouctou,
Gao et Kidal, ainsi que d’autres personnes ressources. Cet atelier a donné
l’occasion d’avoir une compréhension commune du projet et de planifier les
activités. Il a permis de définir les rôles, les responsabilités ainsi que les
attentes de l’ensemble des acteurs de mise en œuvre du projet.
2. Cinquante (50) émissions radios en français et dans 5 langues nationales ont été
diffusées à : Kayes (2), Bafoulabé, Yélimané, Diéma, Nioro du
Sahel , Koulikoro (2), Nara, Kangaba, Dioila, Sikasso (2),
Bougouni, Koutiala, Kadiolo, Kolondièba, Yanfolila, Yorosso, Ségou (2),
Barouéli, Niono, Macina, Bla, San, Tominian, Mopti (2), Djenné, Bankass,
Koro, Douentza, Ténenkou, Tombouctou, Goundam (2), Niafunké, Gao (2),
Kidal, Tessalit, Tin Essako, Abeibera et dans les communes du District de
Bamako (Commune I, Commune II, Commune III, Commune IV, Commune V et Commune
VI).
Les émissions radios
ont servi de cadre pour informer
et sensibiliser les différents acteurs politiques, les membres des
organisations de la société civile et les citoyens sur les règles de la
gouvernance, la démocratie et les élections.
3.
Seize (16)
conférences publiques décentralisées
tenues en français et en langues nationales à : Kayes (2), Koulikoro (2),
Sikasso (2), Ségou (2), Mopti, Tombouctou (2), Gao, Kidal, Bamako Rive Droite
(2) et Bamako Rive Gauche. En raison de l’engouement et de la sollicitation des
populations, certaines localités ont bénéficié de deux conférences. Sur une
prévision de dix conférences, l’Observatoire en a réalisé seize.
Ces conférences
publiques décentralisées ont permis des
échanges directs entre les personnes ressources et les citoyens des localités concernées
sur les réformes politiques, institutionnelles et électorales. Elles ont
mobilisé les représentants de partis politiques, toutes tendances confondues,
les groupements de jeunes et de femmes, les associations professionnelles, les
médias et les organisations traditionnelles et réligieuses.
4.
Quatre (4)
conférences de presse, dont trois (3)
réalisées de concert avec la Synergie 22 des OSC du Mali composée de : l’Observatoire
pour les élections et la bonne gouvernance au Mali – OBSERVATOIRE, l’Association
des Jeunes pour la Citoyenneté Active et la Démocratie (AJCAD), DONIBLOG - la
communauté des Bloggeurs du Mali, le CONSORTIUM ELE-Citoyenneté Droits Humains
Inclusifs et la Fondation TUWINDI. Elles ont permis de
partager avec l’opinion nationale et internationale le niveau de mise en œuvre
des réformes et d’alerter sur les retards constatés dans la conduite de la
transition. Elles ont permis également de faire
la mise au point sur la situation sociopolitique et des recommandations pour le
respect des engagements pris dans le cadre du processus de transition.
II - Des Succès enregistrés :
Les activités de plaidoyer et de sensibilisation de
l’Observatoire ont contribué à des succès pendant la période de transition. Il
s’agit de l’adoption le 24 novembre 2021
d’un projet de loi électorale en conseil des ministres qui a consacré la
création de l’Autorité Indépendante de Gestion des Élections (AIGE) ;
la publication en ligne des résultats
des élections, bureau de vote par bureau de vote, et l’introduction de la proportionnelle pour l’élection
des députés à l’Assemblée Nationale, entre autres. Ce projet de loi,
aujourd’hui en examen au niveau du Conseil national de transition (CNT),
bénéficie de la contribution de la MODELE Mali dont l’Observatoire est le Chef
de file.
Les actions de l’Observatoire ont
également contribué à introduire dans les débats des Assises Nationales de la
Refondation (ANR) de décembre 2021, certains points de plaidoyer que nous avons
toujours porté ; notamment :
Þ Le maintien de la
forme de l’État unitaire, républicain, décentralisé, laïc, démocratique et
social ;
Þ La révision de la
Constitution ;
Þ La révision des
compétences de la Cour Constitutionnelle en matière électorale ;
Þ La relecture du
mode de désignation des membres de la cour Constitutionnelle ;
Þ La relecture de la
loi organique des députés ;
Þ La fin du nomadisme
politique en cours de mandat ;
Þ
L’opérationnalisation des nouvelles circonscriptions
administratives et électorales ;
Þ La relecture de la
loi électorale ;
Þ La mise en place
d’un organe unique indépendant de gestion des élections ;
Þ L’instauration du
mode de scrutin proportionnel pour l’élection des députés ;
Þ La relecture de la
Charte des partis politiques avec une réaffirmation du statut de Chef de file
de l’Opposition.
III – Des interrogations :
Malgré les multiples actions menées par les acteurs
politiques et les organisations de la société civile dont l’Observatoire, le
constat est que nous continuons à déplorer la
lenteur accusée dans la mise en œuvre des réformes annoncées notamment
électorales, car aucun chronogramme des élections n’a encore été publié à ce
jour.
L’Observatoire continue d’attirer
l’attention des autorités de la Transition et de l’opinion nationale et
internationale sur l’impérieuse nécessité́ d’accélérer le processus des
réformes et de recentrer les actions prioritaires autour du rétablissement de
la sécurité et de l’organisation d’élections pour le retour à un ordre
constitutionnel.
IV - Des recommandations :
L’Observatoire
recommande :
1.
Pour
une transition apaisée et inclusive
Þ
Que les autorités
de la transition parviennent à un consensus rapide avec la CEDEAO pour la levée
des sanctions afin d’abréger la souffrance des populations ;
Þ
Qu’un
chronogramme clair et précis soit publié pour définir la période des réformes
et celle des élections de fin de transition ;
Þ
Que la société
civile, les partis politiques et les institutions de la transition développent
et mettent en œuvre une stratégie d’éducation civique afin d’informer et de
sensibiliser les citoyennes et les citoyens sur les réformes à entreprendre et
les étapes de la transition démocratique ;
Þ
Que les Partenaires
bi et multilatéraux accompagnent fortement et directement l’ensemble des
acteurs qui œuvrent pour une transition réussie au Mali.
2.
Pour
des élections crédibles qui inspirent confiance à toutes les parties prenantes
Þ De consacrer la création d’un organe indépendant et
unique de gestion des élections (OGE) dans la Constitution, dans un souci de
cohérence et d’efficacité technique et financière ;
Þ De revoir le délai entre les deux tours de l’élection
présidentielle afin que le contentieux électoral soit vidé à temps et permettre
aux candidats du second tour de battre campagne ;
Þ
D’intégrer les
débats entre les candidats à l’élection présidentielle (premier et deuxième
tours), pour permettre aux électeurs de mieux connaître les contenus des
projets de société des candidats ;
Þ De créer les circonscriptions
électorales des nouvelles régions pour leur permettre de prendre part aux
élections de fin de transition ;
Þ
De
revoir à la hausse le nombre actuel de 147 députés déterminés suivant le
recensement administratif de 1996, en prenant en compte les chiffres du dernier
recensement de la population ;
Þ
D’intégrer la
publication en ligne des résultats des scrutins par centres et bureaux de vote,
au fur et à mesure de la proclamation des résultats. Elle permet entre autres d’éviter les conflits et le tripatouillage des
résultats pendant la remontée et la centralisation ;
Þ
De revoir les
attributions de la Cour Constitutionnelle, en lui enlevant la proclamation des
résultats définitifs des élections présidentielle et législatives.
3. Pour une meilleure gouvernance après la transition
Þ
Revoir les
modalités de désignation des membres de la Cour Constitutionnelle afin de
réduire les risques de contrôle des membres par le pouvoir exécutif, comme
c’est le cas actuellement ;
Þ
Relire les attributions
de la Cour constitutionnelle ;
Þ Supprimer la simple participation (15%) aux élections dans les critères de l’aide publique aux partis politiques pour les inciter à faire face à leurs objectifs de création à savoir la conquête et l’exercice du pouvoir.
Source : Malicanal.com
Contact Presse
Dr
Ibrahima SANGHO, Président de l’Observatoire
Téléphone :
+223 76 23 36 00. Email : ibrahima.sangho11@gmail.com
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