Point de mire : vérité et justice sont les deux mamelles de la démocratie
D’après Solon, philosophe et homme
d’État grec, il faut parler aux chefs le moins mais le mieux possible. Ce qui
veut dire dans un langage de vérité. Au moment où les griots chantaient que la
puissance de Dah -Monzon de Ségou allait de Tombouctou à Kouroussa (Guinée
Conakry) ce roi, un matin fit venir son favori et célèbre griot, Tientiguiba
Danté et lui posa cette question: Badjéli (père griot) qu’est-ce que c’est le
pouvoir ?
Tientiguiba pointa le roi du doigt,
lui répondit «mon maître, le pouvoir
n’est rien d’autre que de faire proprement ce qui été convenu par l’ensemble de
la population». Vraie leçon politique pour nos dirigeants actuels. Ce même
roi, Dah-Monzon, sur son lit de mort répondit à son frère et successeur,
Tiéfolo Diarra qui lui demanda comment
diriger Ségou, en ces termes, il répondit: «Il n’y a pas deux façons d’assumer le pouvoir. Si tu veux sois plus
méchant et plus brûlant que les flammes de l’enfer sur le dos de ton peuple; si
tu veux sois plus doux et frais que l’eau du fleuve dans la gorge d’un
assoiffé. Mais dans l’un ou l’autre cas, sois juste, il le faut».
Ces deux (02) anecdotes tirées du terroir de Ségou définissent mieux que toute la conception bamanan du pouvoir et de la démocratie. Celle-ci n’est pas un fait nouveau chez nous: vérité et justice sont plus les attributs de Dieu que ceux de l’homme. En effet, qui peut dire la vérité sur les autres peut, des fois, ne pas la supporter si elle le défavorise. Qui prône la justice, peut l’oublier si elle contrarie ses intérêts.
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