Dans la vie, il n’y a qu’une seule morale: le devoir; une seule vertu: la vérité. La vérité, c’est la vie, la plus douce et la plus accomplie. Celui qui est juste inspirera le respect et sera apprécié même de ses ennemis. L’honneur et le respect ont comme seuls répondants, l’honneur et le respect.

L’injuste est le fils de Satan. Son royaume sera le mensonge. Son ignomie fera pleurer les anges. Son empire, il fait mine de l’ignorer, ne durera qu’un temps. Seule la nature se joue du temps (...) Seules les bonnes œuvres immortalisent leurs auteurs et deviennent sources d’inspiration. Les tyrans feront leur temps et finiront par se dissoudre dans la terre comme s’ils n’avaient jamais existé et l’on se dépêchera de les oublier.

En malinké, on dira d’eux qu’ils sont finis (morts). Ceux-là seuls sont finis qui n’auront rien laissé de sublime. Il ne serait même pas bon qu’ils fussent éternels. Ma vie fut une quête permanente de la justice; ma carrière, un combat ardu contre la vanité Ainsi, s’accomplit le destin de l’homme, aveugle instrument dans les mains de Dieu. Envers les prédateurs, je n’éprouve ni haine ni mépris, de la pitié tout au plus.

Un penseur disait: «Plus je songe à la vie humaine, plus je crois qu’il faut lui donner pour témoins et pour juges l’Ironie et la Pitié… L’Ironie et la Pitié sont deux bonnes conseillères; l’une, en souriant, nous rend la vie aimable; l’autre, qui pleure, nous la rend sacrée. L’Ironie que j’invoque n’est pas cruelle. Elle ne raille ni l’amour ni la beauté. Elle est douce et bienveillante. Son rire calme la colère, et c’est elle qui nous enseigne à nous moquer des méchants et des sots, que nous pourrions, sans elle, avoir la faiblesse de haïr».

Yamoussa CAMARA (Ma part de vérité)

Source : L’Inter de Bamako