Mal-logement en France : le rapport de la Fondation Abbé Pierre accablant pour le quinquennat Macron
La Fondation Abbé Pierre présente, ce
mercredi 2 février 2022, son 27ème Rapport sur le mal-logement. Un
Rapport qui dresse un bilan sévère du quinquennat d’Emmanuel Macron, alors que
près de quatre millions de personnes sont concernées par ce fléau.
Pour
la Fondation Abbé Pierre, le logement a bien été le «parent pauvre du quinquennat». Pour preuve, la part des dépenses
publiques pour le logement. Alors qu’en 2017, elle équivalait à 1,82% du
Produit intérieur brut (PIB), en 2020, elle est tombée à 1,63%.
Une
baisse significative qui, selon la Fondation, témoigne du désengagement de
l’État sur ce dossier. Car selon elle, depuis 1984, jamais l’effort public n’a
été aussi faible.
Les APL et le logement social
fragilisés
Dans
le viseur de la Fondation: la baisse des aides personnalisées au logement
(APL). Avec une réduction de cinq euros du montant mensuel des aides et le
nouveau calcul d’attribution, le gouvernement a économisé plus d’un milliard
d’euros en 2021.
Autre
point noir du bilan: le rabotage du budget alloué au logement social. Entre
2018 et 2022, les organismes HLM ont été privés de six (06) milliards d’euros.
Une
baisse à laquelle s’ajoute celle du nombre de logements sociaux autorisés
chaque année: 104 800, nettement moins que les 150 000 annuels réclamés par la
Fondation.
Enfin,
la Fondation dénonce une politique trop timide en matière d’encadrement des
loyers. Elle déplore également les 600 000 logements indignes qui ne sont
toujours pas pris en charge.
Bref,
autant de coupes budgétaires qui viennent, selon la Fondation Abbé Pierre,
renforcer les inégalités, alors même que les Français subissent de plein fouet
les effets dévastateurs du COVID-19 sur le logement.
En
effet, avec un affaissement de la production de logements tous secteurs
confondus, et la hausse de l’immobilier, les classes populaires et moyennes ont
de plus en plus de mal accéder à l’achat et à la location.
Le mal-logement a doublé en dix ans
Le
mal-logement en France, ce sont quatre millions de personnes, dont 300 000 qui
vivent à la rue. Un chiffre qui a doublé en dix (10) ans !
Dans
son rapport, la Fondation fait également état de 22 000 personnes qui vivent
dans un lieu de vie informel, comme un squat ou un bidonville.
Et,
outre ce premier cercle extrêmement fragile, environ 10 millions de personnes
sont confrontées à des impayés de loyer, des situations de surpeuplement ou
encore au froid dans leur logement, parce qu’elles n’arrivent pas à faire face
à l’augmentation du prix du chauffage par exemple.
Au
total, près de 15 millions de personnes sont touchées à un titre ou à un autre
par la crise du logement. Parmi elles: des classes moyennes coincées entre
l’évolution des prix et la stagnation de leur revenu, des classes populaires de
plus en plus en plus éloignées des Centre-ville, et puis il y a aussi les
étudiants, touchés de plein fouet par la crise du COVID-19 et qui vivent dans
une précarité de plus en plus préoccupante.
Des dispositifs d’aide aux plus
démunis insuffisants
Pour
autant, le quinquennat a également permis quelques avancées. Notamment en
matière de rénovation énergétique, avec le remplacement du crédit d’impôt par «Ma Prime Rénov», qui évite aux ménages
d’avancer l’aide de l’État.
Autre
dispositif salué par la Fondation Abbé Pierre: «logement d’abord» lancé, en 2018, à destination des sans domicile.
Grâce à lui, 280 000 personnes se sont vues attribuer un logement pérenne.
Mais
ces avancées restent insuffisantes, selon la Fondation, au regard de l’ampleur
de la crise du logement. Principal poste de dépense des Français, le logement
doit être une priorité des candidats à l’élection présidentielle.
Pour
faire face à l’ampleur de la crise du logement, la Fondation Abbé Pierre
propose quelques pistes: encadrement des loyers, fin des coupures
d’électricité, foncier solidaire…
Par
exemple, pour juguler la hausse des prix, elle propose un encadrement des
loyers plus strict, une garantie universelle et une sur taxe des loyers «abusifs» et des transactions
immobilières les plus chères.
Autre
mesure pour protéger les plus défavorisés, la fin des coupures d’électricité
dans les résidences principales et davantage d’aide à la rénovation énergétique
des bâtiments.
Et
pour résorber le «clivage entre
propriétaires et locataires», favoriser le foncier solidaire en permettant
aux ménages défavorisés de devenir propriétaires en payant leur loyer et en
augmentant également les droits de succession.
Des
mesures chiffrées à 10 milliards d’euros supplémentaires par an. Soit un retour
à la situation de 2012, quand le gouvernement allouait 2% du Produit intérieur
brut (PIB) au logement.
Source : rfi
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