Le mouvement insurrectionnel du 5 juin en lambeaux : Cheick O. Sissoko, Mohamed A. Bathily, Modibo Sidibé, Mme Sy, Konimba Sidibé et Aliou Sankaré ont mis la tête de Choguel à prix
Rien
ne va plus entre les leaders du Mouvement du 5 juin, Rassemblement des Forces
Patriotiques, M5RFP. Ils sont à hue et à dia pour le contrôle du précieux
appareil politique qu’est le M5 RFP. Regroupés au sein d’un groupe qu’on peut
appeler groupe de six, l’ancien premier ministre Modibo Sidibé et les anciens
ministres, Mohamed Ali Bathily, Mme Sy Kadiatou Sow, Konimba Sidibé et Cheick
Oumar Sissoko et Aliou Sankaré ont décidé de rompre le silence et ils sont déterminés
à donner un nouveau souffle au M5 pour qu’il redevienne ce, pourquoi il a été
créé, à savoir redonner espoir au peuple martyr du Mali. C’est pourquoi ils ont
adressé une lettre au Premier ministre et Président du Comité stratégique,
Choguel Kokala Maïga afin qu’il leur cède la tête du Comité Stratégique, CS
pour plus de visibilité et de lisibilité. Les désormais dissidents du Mouvement
du 5 juin pensent que Choguel K Maïga fait non seulement un cumul de fonctions,
mais aussi et surtout est en déphasage total avec les idéaux du M5, qui, loin
d’être une échelle politique pour qui que soit, est un véritable outil au
service du peuple pour la défense exclusive de ses intérêts. Va-t-on
véritablement vers un clash entre le groupe des six et le PM Choguel ?
Cette guerre de leadership ne fragiliserait- elle pas le PM qui est désormais
attaqué de toutes parts ?
Décidément le premier
ministre Choguel K Maiga est dans des beaux draps et fait face à des tirs
croisés venant de partout. Hier c’était avec les partis et mouvements
politiques regroupés au sein d’un Cadre pour la réussite de la transition. Pour
rappel ce cadre reproche au PM sa méthode clivante et sa faible capacité à
rassemblement les maliens autour de la transition. Aujourd’hui c’est au sein de
son propre mouvement, le M5 RFP dont il est d’ailleurs le président du Comité
stratégique, qu’il y a fissure, car six cadres d’entre eux ont décidé d’engager
une lutte acharnée contre lui, parce qu’ils trouvent qu’il a dévié et que les
objectifs que le Mouvement s’était assigné ne pourront pas se réaliser tant que
Choguel est à la tête du Comité stratégique du dit mouvement. C’est dans une
correspondance en date du 7 mars 2022 que Modibo Sidibé et ses cinq camarades
ont dénoncé sans porter de gants la rampante voie dans laquelle le M5 RFP est
engagé : « Après sept mois de gestion par un
gouvernement dirigé par Choguel K. Maïga, Président du Comité Stratégique du
M5-RFP, il existe peu d’indices permettant de croire que le pays est solidairement
engagé sur la voie de l’atteinte de notre objectif commun qu’est la refondation
de la gouvernance du Mali ». Pour ne rien arranger, les signataires de la
lettre pensent qu’« en plus, nombreux sont nos compatriotes qui sont inquiets
aujourd’hui quant aux suites que pourraient avoir la prise de la décision de
prorogation de la transition par les autorités ». En tant qu’acteurs majeurs de
la chute du régime IBK et au regard des légitimes revendications du peuple, le
M5 RFP ne saurait s’accommoder de certaines pratiques, selon les auteurs de la
missive et n’entendent surtout pas suivre la tête baissée pour être comptable
d’une situation dont ils n’ont véritablement pas pris part. Donc ils entendent non seulement corriger le tir,
mais aussi et surtout jouer leur partition pour eux : « cette situation
interpelle fortement les dirigeants du M5-RFP qui doivent absolument faire une
première évaluation de la gouvernance de transition, en tirer les leçons, agir
pour éviter tout dérapage et rendre la refondation possible « C’est préoccupé
par la situation de notre pays et celle du M5-RFP que nous souhaitons
l’ouverture d’un débat spécial au sein du Comité Stratégique afin de
circonscrire les périls qui nous guettent », Pour ne pas donner l’impression
qu’ils s’acharnent contre le PM, les six dissidents ont pris soin d’énumérer un
certain nombre de points de revendication, à savoir : « que le
M5-RFP remette sur la table la question du Conseil National de Transition
(CNT). Pour Modibo Sidibé et ses cinq camardes « à ce jour, la position
officielle du M5-RFP est que cette institution est illégale et illégitime ».
Sur la base de ce constat, ils ont rappelé que le M5-RFP avait introduit devant
la Cour Suprême une requête aux fins d’annulation du décret pris pour la
nomination de ses membres. « Pourquoi ce dossier n’a-t-il connu aucune
évolution après neuf mois de gestion du gouvernement par le Président du M5-RFP
alors que ‘’Diligenter les actions pour l’annulation des décrets relatifs au
CNT’’ est une action inscrite dans la feuille de route du MS-RFP pour la
transition.
En définitive, n’ayant pas obtenu la
démission de Choguel à la tête du Comité stratégique du M5RFP, Modibo Sidibé et
ses camarades demandent purement et simplement sa démission du poste de premier
ministre pour donner une chance de réussite à la transition, car pour eux
Choguel ne peut plus porter le projet de changement. Le PM a désormais des
nouveaux adversaires, donc sa chance d’être reconduit à la tête de la primature
s’amenuit, pour ne pas dire que ses jours semblent compter à la grande bâtisse
de la cité administrative, autrement dit à la primature.
Youssouf Sissoko
Source : L’Alternance
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