Le Malikura : une Vision, un Plan stratégique à court, moyen et long termes

Le Malikura : une Vision, un Plan stratégique à court, moyen et long termes

Le concept de Malikura est la combinaison de plusieurs objectifs fondés uniquement sur les recommandations des Assises nationales de la refondation (ANR).

En effet, la notion de la Refondation dans le contexte actuel du Mali peut être assimilée à ces objectifs qui ne sont pas exhaustifs:

- Recouvrer l’ensemble du territoire national par la lutte implacable contre l’insécurité dans tout le pays.

- Faire une relecture des textes fondamentaux de la République.

- Adopter une nouvelle Constitution en conformité à nos valeurs et coutumes et non des textes importés et imposés à notre peuple.

- Mettre en place un organe spécial chargé uniquement de la gestion de toutes les élections dans le pays.

- Faire un audit de l’administration publique malienne.

- Créer et susciter une conscience nationale malienne.

- Lutter implacablement contre la corruption et la délinquance financière de nos élites.

- Réorganiser la justice malienne.

- Faire l’audit des sociétés minières opérant sur le territoire national.

- Nationaliser les secteurs productifs miniers.

- Renouveler le leadership de toutes les grandes structures de l’État.

- Et enfin organiser les élections générales pour finaliser le retour à un ordre constitutionnel.

 

 Constats ou évaluations des neuf derniers mois de la rectification de la trajectoire de la transition

- Sur le plan sécuritaire, nous constatons une très grande amélioration de la situation sécuritaire dans tout le pays. Cette situation a été possible grâce à l’offensive et au courage des Forces armés maliennes (FAMa).

-Sur le plan humanitaire, nous constatons le retour de plus de 50 mille réfugiés dans leur localité d’origine.

- Sur le plan éducatif, plus de 1 400 écoles ont repris les cours dans le centre et dans le Nord du pays.

- Sur le plan de la gestion et de renouvellement de l’administration publique, nous constatons que rien n’a quasiment changé depuis la chute du régime du roi fainéant feu IBK. Le népotisme et la concussion continuent de plus belle.

Le scandale des logements sociaux prouve à suffisance que si on devient complaisant des cadres de l’ancien régime, ils finiront par vous discréditer. Il fallait impérativement changer la commission d’attribution des logements sociaux dès l’arrivée du nouveau ministre. Mais au Mali, les cadres restent à vie dans leurs postes comme s’il n’y a pas d’autres cadres pour les remplacer. Quel gâchis ?

Dans les pays sérieux, quand un président s’en va, son équipe va avec lui. Mais au Mali, de tout le temps quand un président s’en va, son équipe reste, on change simplement quelques têtes et le tour est joué. Ce qui fait que l’administration publique est bourrée des cadres des anciens régimes avec les mêmes mauvaises pratiques. Diantre, comment on peut rester dans un même poste administratif pendant 10, 15 ou 20 ans et être encore productif ? Cela est impossible. Sauf uniquement en Afrique et au Mali.

Le drame au Mali est que dès qu’on nomme un cadre à un poste de responsabilité, il est plus facile de communiquer avec le bon Dieu qu’avec ce cadre. Les cadres maliens à tous les niveaux oublient que les postes nominatifs ne sont pas à vie. Ils peuvent quitter à tout moment soit par un décès, une maladie ou même par changement. Ils doivent servir les usagers de l’administration au lieu de se servir.

- La nomination récente d’une ancienne ministre (comme ambassadrice du Mali au Japon), cadre du mouvement irrédentiste du Nord qui a eu à brûler le drapeau malien dans le temps, est une grande forfaiture. Cette nomination est fantaisiste et c’est une prime à l’impunité. Diantre, le poste de l’ambassade du Mali au Japon est stratégique et on devrait mettre des hommes et des femmes qui ont une probité morale très dense et qui ne traînent pas de casier judiciaire sale.

- Apparemment rien n’a changé dans le cadre du renouvellement des grandes directions stratégiques de l’administration publique. C’est les mêmes personnes souvent depuis le temps d’Alpha, jusqu’au temps du roi fainéant feu IBK. Comme si au Mali il n’existe d’autres cadres que ces gens là, pourtant ils sont à majorité incompétents et corrompus.

- La lutte contre la corruption est devenue une chimère. Au début, la volonté était là, mais pour le moment le commun des Maliens ne voit rien.

- La justice est restée comme telle, c’est la loi du plus fort c’est-à-dire la loi du Talion.

Le concept de Malikura tant souhaité est encore possible mais il faudrait avoir impérativement la volonté de réaliser ce rêve de tout le peuple malien.

Bakary COULIBALY, Élan Patriotique

Source : L’Inter de Bamako