Exclus dans l’accès aux instances supérieures de la recherche et de l’assistanat : les médecins des collectivités interpellent les plus hautes autorités du pays

Exclus dans l’accès aux instances supérieures de la recherche et de l’assistanat : les médecins des collectivités interpellent les plus hautes autorités du pays

Depuis plus d’une décennie, les médecins des collectivités locales sont victimes d’une violation flagrante de notre constitution notamment en son article 1 lequel stipule que « tous les Maliens naissent libres et égaux en droits et en devoirs ». Ils tiennent à exprimer leur indignation aux plus hautes autorités du pays lesquelles doivent intervenir pour réparer l’injustice.

De quoi s’agit-il ?

En effet, les médecins des collectivités sont des médecins qui sont au compte de la fonction publique des collectivités et qui sont à tous les niveaux de la pyramide sanitaire : dans les CSCOM, les CSREF, les Hôpitaux, les directions, dans les Universités, bref partout où le besoin se fait sentir pour accomplir la mission noble qui est de soigner et de guérir les patients.

Depuis 2010, date d’intégration des premiers fonctionnaires des collectivités jusqu’à nos jours, les médecins fonctionnaires des collectivités ne sont pas autorisés à postuler pour être attachés de recherche, chargés de recherche. Aussi, ils ne sont pas habilités à concourir pour devenir assistants ou maîtres-assistants. Paradoxalement, ceux de la fonction publique de l’Etat sont autorisés à briguer toutes ces instances. Une situation que les intéressés considèrent comme une injustice et mépris à leur égard en violation flagrante de la constitution du Mali qui dit dans son article 1 que « tous les Maliens naissent libres et égaux en droits et en devoirs ».

Toujours selon la constitution dans son article 8 : « tout ce qui n’est pas interdit par la loi ne peut être empêché, et nul ne peut être contraint de faire ce qu’elle n’ordonne pas ». Il se trouve qu’aucune loi en République du Mali n’interdit les médecins fonctionnaires des collectivités de postuler pour devenir attachés de recherche, chargés de recherche, assistants, maîtres-assistants. Pourtant malgré tout cela, le département de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique empêche lesdits médecins de briguer ces instances supérieures durant plus d’une décennie maintenant. Du coup, on est en droit de se demander où est l’équité et la transparence entre les cadres du même pays ayant le même diplôme, la même formation et travaillant dans les mêmes structures. Cette mesure du département de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique est inappropriée, injuste, illégale et en déphasage avec la constitution.

Alors que la constitution dans son article 29 stipule que « tout citoyen investi d’un mandat public ou chargé d’un emploi public ou d’une mission de service public, a le devoir de l’accomplir avec conscience, loyauté et probité », la Commission nationale d’établissement des listes d’aptitude (CNLA) en prenant la décision d’exclure les médecins des collectivités dans l’accès à ces instances supérieures, s’est installée dans une forfaiture.

« Notre droit a été spolié parce que nous sommes des fonctionnaires des collectivités. Où est la conscience, la loyauté, la probité entre les citoyens d’un même pays ayant bénéficié de la même formation, possédant le même diplôme et qui travaillent dans les mêmes conditions dans les mêmes structures ? La Commission nationale d’établissement des listes d’aptitude (CNLA) doit se rappeler qu’elle a un mandat public et en mission de service public. La transition n’est nullement responsable de ce qui nous arrive aujourd’hui, nous médecins des collectivités, mais elle deviendra une partie prenante si elle n’a pas une lecture nette des différentes revendications syndicales antérieures», a souligné le Ségal du Symema en Commune VI Dr. Moro Sissoko.

A titre de rappel, il faut souligner que la situation des médecins fonctionnaires des collectivités a fait l’objet d’un protocole d’accord entre le gouvernement et la Plateforme des syndicats de la santé du Mali (Plassma) composée de la Fédération des syndicats de la santé et de l’action sociale (Fésysam), et du Syndicat des médecins du Mali (Symema) depuis le 25 juillet 2018 ; et un autre procès-verbal avait été signé à la date du 24 novembre 2020 en présence de 2 ministres (le ministre de la santé d’alors Dr. Fanta Siby et celui du Travail et de la Fonction publique Me Harouna Mamadou Toureh) et des représentants de trois autres ministères ( l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique ; l’Administration territoriale et de la Décentralisation ; l’Economie et des Finances). Mais curieusement, la montagne a accouché d’une souris car, malgré ces différentes signatures, la situation de ces dits médecins n’a nullement changé et les victimes ont dit toute leur indignation à leurs interlocuteurs lors de récentes audiences notamment avec le Directeur national de la fonction publique en décembre 2022 ; le Haut conseil des collectivités le 2 février 2023 ; et la Commission Santé du CNT le 3 mai 2023.

Pour les victimes de cette affaire rocambolesque, la situation n’a que trop duré.

« Une suppression pure et simple de la fonction publique des collectivités est demandée si nous n’arrivons pas à avoir accès aux instances supérieures de notre hiérarchisation. C’est une fonction publique importée, copiée-collée dont les tuteurs ont des difficultés dans son application intégrale », a expliqué le secrétaire général du Symema en Commune VI.

Pour le recrutement de cette année, la date limite des dépôts de candidature était fixée au 30 juin 2023, avant d’être repoussée d’une semaine. Les victimes souhaitent que leur département de tutelle (le ministère de la Santé) s’implique fortement pour un dénouement heureux de la situation. Elles ont eu à faire un sit-in le 26 juin dernier devant la Direction nationale de la recherche où elles ont lancé un appel solennel au président de la transition et au gouvernement consistant à accorder une dérogation spéciale cette année à tous les médecins fonctionnaires des collectivités leur permettant de postuler pour la fonction attaché de recherche, chargé de recherche et d’assistanat.

 Blo Diak

Source : Malinews.info