Commune de Kati : la mauvaise gouvernance interpelle les plus hautes autorités du Mali
L’avènement de la démocratie à la
française au Mali a donné l’occasion à une certaine classe d’hommes politiques
de se retrouver autour du bien public comme de véritables larrons en foire, des
vautours autour du corps du peuple. L’ancien ministre Seydou Traoré a justement
qualifié cette démocratie de «voyoucratie»,
j’ajouterais «médiocratie» pour ma
part.
Au
niveau des communes, ces hommes politiques sans vision aucune, gèrent le
patrimoine communal dans une opacité totale violant allègrement toutes les
règles en la matière. Les plaintes et les complaintes des pauvres populations
ne les émeuvent guère. Les remarques et interpellations qui pousseraient au suicide
ou à la démission de responsables dignes de ce nom ragaillardissent cette race
d’élus. «Le chien aboie la caravane
passe», tel est le leitmotiv de ces hommes.
À
Kati, cette race est incarnée par des membres du Conseil communal, notamment le
maire et ses trois premiers conseillers. Le citoyen lambda se pose des
questions à savoir : quel genre d’élus avons-nous à faire? Où sont les
autorités sensées protéger les populations pour faire respecter une gouvernance
vertueuse? Les réponses à ces questions résident dans l’impunité régnante au
Mali depuis l’avènement de la démocratie à la française. Ces réponses demeurent
aussi et surtout dans des complicités à des niveaux insoupçonnées, la
corruption généralisée, l’impuissance voire la passivité des populations qui
ignorent très souvent leurs droits et devoirs face à des pratiques dépassant
tout entendement humain. Ces hommes politiques sans foi ni loi dénués parfois
de carrières professionnelles avérées ont trouvé en la politique (le patrimoine
de la commune), le moyen le plus facile et rapide de s’enrichir. Ce monde digne
de la mafia, de films western spaghetti de Sergio Leone demeurent à la mairie
de Kati par des subterfuges politiques liées aux maux les plus abominables: la
corruption, l’achat de conscience, etc. Ils écument les terres des misérables
paysans. Les recettes des marchés, les kiosques et les barres constituent leurs
mangeoires d’appoint. Les faits sont incroyables mais vrais, têtus,
incontestables et hallucinants.
Le 4
juillet 2021, les citoyens de Kati ont appris avec stupéfaction l’arrestation
et l’emprisonnement du maire Yoro Ouologuem, de ses adjoints Bouyé Diallo,
Badra Aliou Sangaré puis celle de Boubacar Traoré quelques jours après les
premiers cités. Le motif de leurs arrestations serait lié à la gestion non
orthodoxe du patrimoine de la commune : spéculations foncières,
malversations financières, détournement de fond public, etc. Libérés le10
Septembre 2021, ces élus ont repris leurs occupations à la mairie comme si rien
ne s’était passé. Depuis cette date, aux yeux des citoyens de Kati, lesdits
élus ne bénéficient plus de la crédibilité et de la légitimité idoine pour
assurer la conduite des affaires de la commune.
Le
30 octobre 2021, une lettre initiée par l’Association citoyenne pour le
développement Intégré du Mali (ACDIM), signée par 300 citoyens, demandant des
éclaircissements sur les emprisonnements et libérations, n’a reçu aucune espèce de réponse de la part
du maire. C’est là, la preuve du mépris de l’homme envers les citoyens, mais
aussi de son ignorance des règles de l’administration malienne.
Le
11 octobre 2021, le premier adjoint adresse une lettre au maire Yoro Ouologuem,
lui demandant de procéder au «remboursement
de la ressource affectée par l’ANCIT pour la période 2017» pour un montant
de 50 millions 782 585 F CFA. Il rappelle maire sa propre lettre en date de
janvier 2018 par laquelle ce dernier s’est engagé à rembourser ladite somme.
Les
trois (03) rapports de conciliation datant respectivement du 30 janvier 2018,
du 05 février 2018 et du 09 octobre 2018 du syndicat de la mairie éclairent sur
la situation. Le premier adjoint somme le maire
de s’exécuter au plus tard, le 11 novembre 2011, faute de quoi, il
déposerait «une plainte auprès des
juridictions compétentes afin de recouvrer ladite somme devant servir à payer
les dettes de l’INPS» et autres reversements.
Le
18 novembre2021, le maire répond au
premier adjoint qui a répliqué à son tour le 22 novembre 2021. Le 24
novembre 2021, le premier adjoint adresse au procureur du Pôle économique près
du tribunal de grande instance de la commune III du district de Bamako une
plainte contre le maire pour «détournement
de fonds publics (ressources affectées par l’ANICT)». Il joint à cette
plainte des pièces portant notamment sur «la lettre-complainte du syndicat de la mairie adressée au directeur de
l’ANCIT» et «la réponse du
directeur de l’ANCIT au syndicat de la mairie de Kati».
Le
lundi 13 décembre 2021, les Katois furent surpris d’apprendre que le maire et
le premier adjoint se sont retrouvés au gouvernorat de Koulikoro pour fumer le
calumet de la paix. La monnaie d’échange a été l’attribution du service
assainissement de la mairie au premier adjoint. Cet acte prouve à suffisance le
partage de gâteau en cours à la mairie. L’intérêt général n’est pas la
préoccupation majeure de ces élus locaux.
De
2017 à 2021, la saignée de la caisse de la mairie porte entre autres sur plus
de 1.020 parcelles de terrain attribuées sans quittances enregistrées par le
maire pour un total de plus de 130 millions 590.000 F CFA ; les droits
n’ont perçu en 2021 relatifs aux transferts de 600 parcelles pour un montant
approximatif de 67 millions 500.000 F CFA.
En
décembre 2017, l’agent comptable admis à la retraite a emporté les documents comptables et financiers. Le 26
novembre 2021, le syndicat a écrit au maire et à son deuxième adjoint demandant
le remboursement des frais afférents aux attributions et transferts de
parcelles de terrain sises dans la commune pour un montant total de 198
millions 090.000 F CFA. Les anomalies intolérables dans la gestion du
patrimoine de la commune de Kati résident aussi dans les marchés attribués de
gré à gré presque à un seul partenaire. Ce dernier s’improvise en spécialiste
dans tous les domaines: papeterie, bureautique, maçonnerie, mécanique,
véhicule, BTP, etc. Au même moment, aucune structure relevant de la mairie ne
fonctionne correctement. La Maison des jeunes est tout comme un débarras,
délabré indigne d’une grande ville. La Maison de la femme au statut hybride est
située sur un terrain qui n’appartient pas aux femmes de Kati. Elle est aussi
le siège d’une radio, qui serait la propriété du premier conseiller. La
nouvelle salle de spectacle près la maternité est un petit joyau abandonné dans
les ordures. Le marché principal de la ville déborde de partout. Les stations
d’essence, les bars, les débits de boissons et les kiosques pullulent à travers
la ville. Leurs nombres et emplacements semblent ne répondre à aucune
règlementation municipale. Certains élus et employés de la mairie seraient
eux-mêmes parties-prenantes dans l’installation et la gestion de nombre des
établissements cités. L’envahissement des milieux de la jeunesse et de l’école
par la drogue et autres stupéfiants n’émeut pas cette race d’hommes politiques
dont la seule préoccupation réside dans l’acquisition du maximum d’argent pour
leur confort et la préparation des élections à venir. La ville-garnison de Kati
est en train de devenir un vrai ghetto. Le Mali coura que
le peuple appelle de tous ses vœux ne se construira pas avec cette race
d’hommes politiques./.
Kati,
le 27/02/2022
Le
Président de l’Association Citoyenne pour le Développement Intégré du Mali
(ACDIM), Pr. Yoro DIALLO, Citoyen de Kati
Email:
inadial@yahoo.com
Tél.:
75 71 03 44
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