Commerce illégal des espèces protégées : les éléphants, risque croissant d’extinction
L’éléphant d’Afrique est en danger de
mort. Entre le braconnage et la destruction de leur habitat, les pachydermes
ont perdu 30% de leur population en sept (07) ans. En effet, le trafic
international d’ivoire met en péril l’existence de cette espèce animale
remarquable. En l’absence d’un plan d’action commun et de techniques innovantes
pour mettre fin à ce massacre alimenté par la cupidité humaine, l’éléphant est
menacé d’extinction. Or, il est encore possible de protéger les éléphants du
destin qu’ont connu d’autres espèces protégées.
Si
la lutte contre le braconnage des éléphants fait généralement partie des
compétences des services en charge de la protection de la faune et de la flore
sauvage, les efforts contre le commerce international d’ivoire, interdit par la
Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore
sauvages menacées d’extinction (CITES), relèvent principalement du ressort des
administrations douanières.
En
effet, la situation est peu reluisante, car le commerce illicite d’espèces
sauvages a atteint des niveaux alarmants à l’échelle mondiale. Selon l’Union
internationale pour la conservation de la nature (UICN), les niveaux d’abattage
illicite des pachydermes étaient intenables, entre 2010 et 2012, avec une
augmentation d’environ 8%, en 2011, ce qui veut dire que quelque 40 000
éléphants ont été abattus de façon illicite et que la population s’est
probablement réduite de 3 % cette année-là. Si l’année 2011 a semblé
particulièrement meurtrière, les données de 2013 indiquent que l’abattage
illicite se poursuit à un rythme intenable jusqu’à nos jours.
La
chute du nombre d’éléphants a pour cause, le braconnage pour les défenses en
ivoire. Mais Au-delà du braconnage, la destruction de l’habitat des éléphants
pour augmenter la surface des terres agricoles ou l’exploitation forestière en
est aussi une autre cause. Le portrait n’est pas totalement noir, car dans le
sud de l’Afrique, le nombre d’éléphants de savane est aussi stable, voire en
croissance, dans la zone de conservation transfrontalière du Kavango-Zambèze.
L’Afrique
a pu compter «plus de 20 millions
d’éléphants avant la colonisation européenne», et que leur nombre était
encore estimé à 1 million, dans les années 1970, il n’en reste plus qu’un tiers
aujourd’hui. Soit 352 000 individus, en 2014, contre 496 000, en 2007.
Leur répartition est très inégale. À eux seuls, le Botswana, le Zimbabwe et la
Tanzanie abritent près des trois quarts de l’espèce. Mais la tendance
démographique s’inscrit à la baisse sur la plus grande partie du continent, à
l’exception de quelques pays où elle se stabilise (comme au Kenya) ou même se
redresse (en Ouganda dans l’est, ou au Bénin, au Burkina Faso et au Niger, dans
l’ouest).
D’un
point de vue écologique, les éléphants sont une espèce fondamentale, c’est-à-dire
que leur présence a une incidence disproportionnée sur d’autres espèces. Ils
représentent un dispersant essentiel de graines, ce qui influence la densité de
plantation et empêche que les prairies ne soient envahies par la brousse et la
forêt. Leur disparition massive modifie la dynamique écologique, change la
composition des espèces et a des répercussions sur les pratiques d’élevage dans
des zones très vastes.
De
plus, les répercussions socio-économiques sont significatives car les éléphants
constituent un formidable atout touristique dans de nombreux pays africains où
le tourisme est un des premiers secteurs qui contribuent au produit intérieur
brut. Les éléphants représentent également un élément essentiel des initiatives
communautaires de préservation qui favorisent le développement de communautés
rurales qui seraient, sans cela, marginalisées.
Au
Togo, la saisie des défenses d’ivoire en provenance des autres pays est légion.
EAGLE-Togo s’efforce d’appuyer les efforts du gouvernement dans cette lutte.
Avec une centaine d’éléphants, le problème du Togo est qu’il constitue une
plaque tournante de transit pour le transfert illicite des ivoires. En effet,
le ministère de l’Environnement et des ressources forestières a enregistré
plusieurs cas de saisies d’ivoire. Les plus importantes qui ont fait l’objet de
médiatisation et de poursuites judiciaires sont celles opérées courant de
l’année 2013 jusqu’en 2016.
Ainsi,
environ 90 trafiquants d’espèces fauniques protégées et leurs produits ont été
arrêtés au Togo, selon le ministère en Charge de l’Environnement. L’ensemble de
la communauté qui travaille à la préservation de la nature s’accorde sur la
nécessité d’adopter une démarche sur trois fronts : lutte contre le braconnage,
lutte contre le trafic d’ivoire et réduction de la demande. Mais le réseau
EAGLE préconise la répression des trafiquants fauniques, ceci pour dissuader d’autres
éventuels trafiquants.
Et
selon le coordinateur assistant d’EAGLE-Togo, «tout cela ne peut aboutir efficacement que s’il y a une prise de
conscience de tous les acteurs impliqués dans cette lutte, en combattant
sérieusement la corruption». (EAGLE-Togo)
Nicolas Koffigan E. ADIGBLI
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