Colonialisme : la conférence de Brazzaville
Pour le général de Gaulle, la guerre
doit amener une transformation de l’Afrique. À la conférence de Brazzaville
(1944), une politique coloniale nouvelle est impulsée avec deux idées forces:
la responsabilisation des Africains, la constitution d’une fédération ou
métropole et possessions d’outre-mer seraient à égalité. Tous les Africains
reçoivent la citoyenneté française et le droit d’élire des représentants aux
Assemblées de la République.
Le général
de Gaulle souhaite une Communauté de destins, mais il rejette nettement
l’indépendance et même l’autonomie de l’Afrique noire: «Les fins de l’œuvre de civilisation accomplie par la France dans les colonies écartent toute idée d’autonomie, toute
possibilité d’évolution hors du bloc
français de l’empire. La constitution, même lointaine, de self- governments
dans les colonies est à écarter».
En
matière sociale,
la conférence fait de nombreuses propositions: nécessité de transformer le
statut de la femme africaine, institution du travail libre avec suppression de
l’indigénat, développement de l’assistance médicale et de l’enseignement,
revendication de salaire égal et d’ouverture de la fonction publique à tous les
Africains.
En
matière économique,
elle préconise le développement du potentiel de production avec planification,
aide à l’industrialisation et à la modernisation de l’agriculture, une
autonomie douanière et des assemblées représentatives élues au suffrage
universel qui votent le budget et les impôts. Les notions de fédération,
dominion, personnalité politique donnent naissance à un concept approuvé par
tous: l’Union française (UA)…
Pourtant,
c’est déjà le début de la fin des empires coloniaux européens. Dès que le
colonisateur perd sa force comme le gouvernement de Vichy, son prestige
disparait. Ceux qui en profitent sont l’URSS, championne de la décolonisation, et l’Amérique, dont les
milieux d’affaires cherchent des débouchés pour leurs produits.
Jean-Paul Gourévitch
Source : L’Inter de Bamako
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