Après 9 ans de présence mi-figue, mi-raisin et 54 morts : la force BARKHANE s'en va, sans gloire
De l'escalade verbale au
sommet des deux États, à la décision des autorités de "chasser"
l'Ambassadeur et la force Barkhane, la Transition malienne a franchi un pas.
Cette rupture est consécutive à l'échec de la France à sécuriser le MALI. L'arrivée
de Barkhane est survenue après l'appel du gouvernement malien, en 2013, de
fournir un appui aérien mais aussi en
transmission à notre armée, suite à l'avancée irréversible des rebelles et la
menace d'instabilité qui planait sur le Sud.
Ils
sont donc partis comme ils sont venus, est-on tenté de dire, avec un bilan
mitigé davantage mis sous l'éteignoir avec la recrudescence de l'insécurité.
Les tueries étaient à la hauteur de l'incapacité des forces françaises à
juguler le terrorisme. Au contraire, Paris était même soupçonné d'entretenir
des relations "incestueuses" avec l'ennemi. La France a vécu en 9 ans
l'une de ses pires expéditions étrangères depuis la guerre d'Algérie de 1954 –
1962. En effet, Bamako a fini par indexer l'Hexagone de force d'occupation
entretenant de relations obscures avec les djihadistes dont elle servait de
catalyseur. Un militaire français avait même été surpris par un Agent marocain
en train de s’entretenir avec un Terroriste.
Aujourd'hui,
le chauvinisme et le souverainiste ont regagné les Maliens. Le sentiment
national est plus poussé que jamais et plus rien ne semble les arrêter. Ni les
cris de la ministre de la Défense française Florence Parly, ni les menaces de
Jean-Yves Le Drian, ministre des Affaires étrangères, encore moins les propos
va-t-en-guerre du président néocolonialiste Macron.
Encore
il y a quelques jours, on pouvait lire sur les banderoles du « Mouvement
YèrèWolo Debout sur les Remparts », des slogans comme : "A bas la
France, la France dégage, la France est terroriste". Pis, le drapeau
français a été brûlé et la photo de Macron traînée par terre et foulée au pied.
En guerre comme à la guerre. Autant de haine et de récriminations contre
l'ancien colonisateur prié de faire ses valises au profit de la Russie
considérée comme un Libérateur... Justement, à propos de la Russie, le MALI
entretient des relations bilatérales avec ce pays en matière de défense, toute
chose qui agace l'Élysée.
La
France se dit trahie par nos autoritésincarnées, selon elle, par une
"junte illégale et illégitime" qui utilise la force pour faire taire
les opposants. Pour Paris, "une majorité SILENCIEUSE" existe contre
"une minorité VIOLENTE, indisciplinée et agissante qui opprime, bâillonne
et menace" les contestataires. A leur tour, les autorités maliennes
révèlent que le retrait français est "un acte d'abandon et une violation
grave des accords bilatéraux" entre les deux pays. Sur la décision
malienne de sommer sans délai la force Barkhane de partir, le président
français a déclaré que le retrait de ses concitoyens se fera en "bon
ordre" pendant au moins 6 mois. La France a brandi également "le sang
versé" de ses nationaux sur les théâtres d'opérations militaires maliens.
Faut-il conclure que Macron et les siens seront tentés de se venger et à quel
prix ? La présence du groupe privé russe, WAGNER, a-t-il pour but d'assurer la
sécurité de la junte au pouvoir dans notre pays ?
Autant
d'interrogations énigmatiques qui laissent pantois les uns et les autres. Selon
des sources bien informées, l'objectif de la France et de la CEDEAO a pour but
de décrocher le MALI de la sous-région en utilisant la BCEAO comme moyen de
pression pour obtenir un délai court de la Transition avec l'organisation à date
convenue des élections présidentielles. Mais vue la stratégie savamment
élaborée, tout porte à croire qu'Assimi et Choguel sont sur des "braises
ardentes" et que, seul, le peuple, peut les accompagner et les conduire à
bon port. Donc, la vigilance doit être de mise. Ce d'autant que les rumeurs
font état d'une opposition à l'interne qui s'organise en catimini, d'un
parachutage éventuel de commandos pour déstabiliser ou d'une attaque coordonnée
à partir de certaines lignes de démarcation. A défaut, un décrochage de Kati de
Bamako n'est pas à exclure. Les colonels doivent être justes et patriotes et se
démarquer du postulat selon lequel : « Qui vient par les armes périra par
les armes.. ». Surtout que Poutine est actuellement en grande difficulté
dans le bourbier ukrainien. Que Dieu assiste et bénisse le MALI !
ISSIAKA SIDIBÉ
Source : Le Matinal
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